Le Cercle genevois d’archéologie

Faire vivre l’archéologie dans la Cité de Calvin : le rôle du Cercle genevois d’archéologie

Le Cercle genevois d’archéologie : depuis 1965

Le Cercle genevois d’archéologie (CGA) fut fondé en 1965 par le professeur Marc-Rodolphe Sauter, qui cumulait alors les charges d’archéologue cantonal et de directeur de l’Institut d’anthropologie de l’Université de Genève (devenu ultérieurement Département puis Unité). Cette initiative répondait au souhait émis, dès le début des années 60, par la Société suisse de préhistoire et d’archéologie (SSPA, aujourd’hui Archéologie Suisse – AS -) d’instaurer, au niveau cantonal, des associations chargées de diffuser auprès des citoyens les résultats des recherches archéologiques. L’Unité d’anthropologie du Département de Génétique et Evolution héberge depuis 2011 le siège du CGA.

A Genève, les premières conférences furent organisées en 1966 dans les salles de cours de l’Institut d’anthropologie, au 12 rue Gustave Revilliod, sous la présidence de M.-R. Sauter. Le programme des activités comportait des visites régulières des différents chantiers archéologiques de la ville. Après les présidences successives des professeurs Charles Bonnet et Daniel Paunier, les rênes du CGA furent repris en 1982 par le professeur Alain Gallay, successeur de M.-R. Sauter à la tête du Département d’anthropologie. L’accent était alors mis, dans l’esprit initial, sur la communication au public des fouilles archéologiques régionales. Les conférenciers étaient aussi souvent associés à l’enseignement, et conviés à animer un séminaire à l’université. En outre, A. Gallay a renforcé l’ouverture du cercle aux chercheurs étrangers, et notamment à la présentation des recherches archéologiques menées en Afrique. C’est ainsi que l’auteur de ces lignes a été invité pour la première fois à Genève en mars 1988, afin de présenter un exposé intitulé Recherches archéologiques dans le Parc National de la Boucle du Baoulé (Mali), soulignant la nouvelle orientation africaniste introduite alors au Département d’anthropologie.

Dès septembre 2001, date à laquelle nous avons repris la présidence du CGA, les séances furent déplacées dans les auditoires plus spacieux et plus prestigieux du bâtiment universitaire des Bastions, dans une salle à 100 places dans un premier temps puis, vu le succès croissant des séances, dans la salle à 250 places « B 101 » où la plupart des séances se tenaient jusqu’en 2012. Depuis 2013, les séances se tiennent dans les salles de conférence d’Uni-Mail.

Le CGA comprend près d’une centaine de membres cotisants et plus de 300 membres adhérents, avec une participation moyenne de 60 personnes par séance.

Le Cercle genevois d’archéologie : un pont entre les professionnels et entre les sociétés savantes

Dès le début le cercle avait été géré par un petit comité d’ « animateurs », choisissant ensemble le programme de l’année à venir, et se réunissant avec le conférencier autour d’une bonne table avant chaque conférence. Il est composé aujourd’hui de trois enseignants de l’Unité d’anthropologie (les responsables de l’archéologie, de l’ethnoarchéologie et de l’anthropologie), du directeur du Service cantonal d’archéologie, du conservateur en charge des collections archéologiques au Musée d’art et d’histoire de la ville de Genève, du Président du Festival international du film archéologique de Nyon, ainsi que d’une secrétaire – trésorière. Ce cercle constitue actuellement le principal pont entre les archéologues de ces trois institutions genevoises.

Par ailleurs, depuis 2002, le CGA a également établi des partenariats occasionnels avec d’autres associations, telles la Société d’égyptologie de Genève, la Société d’histoire et d’archéologie de Genève, la Société des arts de Genève (l’une des plus anciennes sociétés genevoises, crée en 1776), la Société de physique et d’histoire naturelle de Genève (fondée en 1791) et même, en mars 2004, avec … la Cave de Genève, à l’occasion d’une conférence présentée par Mme Fanette Laubenheimer, directrice de recherche au CNRS, sur le vin et la viticulture en Gaule. Soulignons au passage que le cercle figure parmi les partenaires du Festival international du film archéologique de Nyon, et que les projections de films au CGA sont organisées avec l’aide de son président.

Le Cercle genevois d’archéologie : au service de la Cité

Le CGA est une association sans buts lucratifs qui réunit les personnes intéressées par l’archéologie et l’anthropologie, au sens le plus large, tant professionnels qu’amateurs. Son but principal est d’informer le public genevois des recherches et découvertes archéologiques les plus récentes, tant locales que lointaines. Pour réaliser cet objectif, le cercle organise annuellement une dizaine de séances qui alterne des exposés d’archéologie régionale et des conférences d’intérêt large, présentées par des scientifiques étrangers de renom. Chaque exposé est présenté par un petit résumé illustré et distribué aux auditeurs, un apport didactique initié dès la création du cercle et qui permet de retracer, au fil des ans, l’évolution des intérêts des archéologues et de leur public. Le programme comprend également, selon les circonstances, des visites de chantiers archéologiques et d’expositions. Le cercle organise aussi chaque année une vaste soirée thématique, organisée dans l’aula de l’Université – Bastions, comprenant une conférence suivie de la projection d’un film et d’un débat public animé par des spécialistes, issus de différentes disciplines, manifestation se terminant traditionnellement par une verrée. La première de ces séances, en mai 2005, fut consacrée au pillage archéologique consécutif à la guerre en Irak, avec la projection du film La mémoire volée, retour au musée de Bagdad. La formule semblait conquérir le public, puisque l’année suivante la soirée L’homme et les éruptions du Vésuve au travers des temps permit de réunir plus de 320 auditeurs autour du film Les derniers jours d’Herculanum suivi d’une conférence de Mme Claude Albore-Livadie, directrice de recherche au CNRS, sur les découvertes qu’elle venait d’effectuer à Nola, un site de l’âge du bronze recouvert par les cendres du volcan vers 1700 av. J.-C.

Le financement du Cercle genevois d’archéologie provient essentiellement des contributions volontaires de ses membres, complétées par une aide du Service cantonal d’archéologie et, entre 1967 et 2012, d’Archéologie Suisse. Les séances sont publiques et l’accès aux manifestations est libre, toute personne intéressée étant la bienvenue, ce qui permet d’offrir au public genevois l’occasion de dialoguer avec les professionnels de la discipline, tant suisses qu’étrangers.

Eric Huysecom,
Président du CGA
Avec la collaboration de Charles Bonnet et Alain Gallay, anciens présidents du CGA, et de Marie-Noëlle Lahouze, documentaliste.